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Si l’on supprimait maintenant
Les paradis fiscaux
Que ferais-je de l’argent
De mes impôts ?

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« Les patients sont une exception à nous même », dit mon salaud de psy.

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Nous n’avons jamais accès à nos rêves, simplement au récit que nous en faisons, que nous partageons rarement.


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Cette nuit j’ai couché avec A. Je n’en avais pas spécialement le désir, elle non plus. Certaines zones plus fessues que j’aurais cru. Ensuite elle avait l’air très soulagée, elle m’a chanté « je voudrais te dire que je m’en vais », et j’ai compris au réveil que c’était là le message essentiel du rêve.

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Il est sans abri. Je suis sans le sou. Vous êtes sans droits. Il est sans joie. Ils sont sans nom. Il est sans visage. Tu es sans passé. On est tous des sans abri sans amis. Tu es sans visage. Vous êtes sans droits. Ils sont sans droits. Tu es sans droits. Vous êtes sans le sou. Notre sang est impur. Je suis sans lendemain. Ils sont sans abri. Vous êtes sans abri. Il est sans le sou. Ils sont sans le sou. Nous sommes sans droits. Ils sont sans papiers. Vous êtes sans passé. Il traversent sans bouée sans savoir nager ils coulent sans remous on est sans remords. Il est sans papiers. Vous êtes sans lendemain. Je suis sans droits. Nous sommes sans visage. Nous sommes sans le sou. Il est sans nom. Tu es sans abri. Je suis sans le sou. Je suis sans amis. Je suis sans papiers. Vous êtes sans passé. Vous êtes sans abri. Vous êtes sans papiers. Il est sans joie. Nous sommes sans le sou. Nous sommes sans passé. Nous sommes sans visage. Ils sont sans lendemain. Je suis sans le sou. Nous sommes sans le sou. Ils sont sans joie. Nous sommes sans nom. Nous sommes sans abri. Il y a des sangsues. Elles s’empiffrent. Je suis sans lendemain. Vous êtes sans nom. Je suis sans amis. Tu es sans nom. Vous êtes sans passé. Ils sont sans passé. Il est sans passé. Je suis sans visage.


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Ils sont sans abri. Il est sans amis. Tu es sans papiers. Je suis sans droits. Ils sont sans foi ni loi. Tu es sans amis. Tu es sans nom. Je suis sans nom. Tu es sans joie. Il est sans nom. Je suis sans lendemain. Il y aura sans chichis sans manières tristement comme toujours cent jours sans lendemain. Il est sans joie. Il est sans amis. Vous êtes sans lendemain. Vous êtes sans lendemain. Je suis sans nom. Ils sont sans nom. Ils sont sans amis. Tu es sans lendemain. Ils sont sans lendemain. Nous sommes sans amis. Nous sommes sans droits. Je suis sans papiers. Tu es sans visage. Je suis sans abri. Il est sans joie. Tu es sans joie. Je suis sans abri. Il est sans passé. Tu es sans passé. Nous sommes sans visage. Il est sans passé. Vous êtes sans droits. Nous sommes sans droits. Nous sommes sans joie. Tu es sans visage. Il est sans abri. Ils sont sans visage. Vous êtes sans amis. Vous êtes sans abri. Ils sont sans papiers. Ils s’emparent, ils sont à l’abri. Vous êtes sans papiers. Ils sont sans papiers. Il est sans amis. Tu es sans papiers. Nous sommes sans lendemain. Il est sans abri. Tu es sans visage. Nous sommes sans droits. Nous sommes sans nom. Il est sans papiers. Ils sont sans joie. Ils sont sans lendemain. Je suis sans joie. Ils sont sans joie. Je suis sans le sou. Tu es sans amis. Vous êtes sans le sou. Tu es sans amis.

287

Facel-Vega ; Coppi-Bartali ; Michel-Albert ; Petit-Villeblevin ; RN7-Platanes ; Camus-Gallimard ; 15 m entre la partie arrière de la voiture pulvérisée et son tableau de bord ; 4/01/1960-13H55 ; fin brutale de l’avant post-modernisme.

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Ecrire cinquante ans après une histoire où la femme de chambre serait la maîtresse du fils de famille né d’un second lit qu’elle referait chaque matin.

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On passera nombreux côté pauvres. Il y aura des mutations indésirées. Les nuages feront de l’huile. Sans cesse ce sera carnaval. On fera des rencontres stériles. Beaucoup de maisons neuves resteront vides. On interdira le port du capuchon. Le cancer n’était qu’une métaphore. Les proches seront loin. Certaines prédictions s'avèreront fausses. Nombreux seront radiés. On se sentira bien dans la salle de bains. On s’aliènera à des appendices. L’eau montera. On gazouillera comme jamais jusqu'alors. Les glaciers rendront plein de viande. On saura qu’on a tout raté. On s’enivrera. Se produira alors quelque chose d’inespéré. Ce sera la nouvelle année.

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On m’a offert La princesse de Clèves
Sans la Rolex qui va avec
Ca m’a fait penser à Houellebecq
A ses rapports avec Geneviève

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La neige tombe
Des fragments par millions
Forment muettement
Le tout blanc

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Le mépris crée sans cesse
De nouvelles espèces

284

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Pour fixer des choses légères, comme des feuilles et des fleurs, sur un support un peu dur, pensez aux épines qui remplaceront avantageusement clous et punaises. Les longues épines, comme celles du pin, serviront elles d’aiguilles avec lesquelles vous attacherez ensemble les fleurs et les feuilles. Prenez l’habitude d’en ramasser régulièrement et de les conserver dans une petite boîte, histoire d’en avoir toujours sur vous.

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Elle ouvre parfois et ferme les cils
Geste d’oiseau d’autrefois
Noir est l’iris du fusil
Qui sans fracas sonne mon glas

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Trouvé entre les pages d’un recueil auquel il rajoute son opus végétal, ce trèfle à quatre feuilles apparaît, arbre immense et africain, comme dessiné à côté du poème qu’il habille. Sa quatrième feuille (comment la reconnaître ?) s’arrondit deux fois comme le fuselage horizontal d’un boeing.

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Bonheur à tiroir. Bonheur de l’avoir trouvé, bonheur plus profond encore de comprendre qu’une telle trouvaille se produit plus souvent en errance bibliophile qu’en équipée botaniste.

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Montagne, solitude, refuge d’hiver en octobre. Il a fait très beau. La nuit tombe très tôt, le froid est là. Pas de bougie. A sept heures du soir je me couche pour une nuit de sommeil profond qui demain, quand je me réveillerai, aura duré quatorze heures. Je ferai ma toilette glaciale dans un ru et une lumière d’or. Puis, par bonds successifs dafgns les pierrjhgjiers qui coulissent je rejoindrai le seqntier mille mètres plus bas.

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A cause du chaton ça devient de plus en plus comjhvpliq&ué d’écdqrire même ces histdsoires courtes, il travhgerse sans cesse le clazyuopvier et s’obstine maintenant à enlkoyer mon crayochgn par ter

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L’homme qui en vain court toujours après lui sous la pluie au matin blême sans parapluie sur les pavés glissants est heureux chaque fois de constater que l’AUTOBUS ne l’a pas attendu pour l’emmener à un travail qui ne l’aime pas.

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1989 je me souviens
Ourson sur le chemin
Peluche entre l’Est et l’Ouest
Oubliée en chemin

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Je l’ai acheté tout petit, minuscule
Je l’ai beaucoup joué
Arrosé de notes et d’amour
Amour pour ses touches d’ivoire ses tendons d’acier sa pédale douce et sa façon si juste de rendre la main gauche de Chopin.
Et le piano, grande queue
A grandi jusqu’à devenir adulte.
C’est là, aujourd’hui, autour de lui, que je vis.

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Je le montre à l’huissier. Qu’importe l’huisserie lui dis-je, qu’importent les murs et l’escalier, je vous aiderai à démolir tout cela, à deux on s’aidera le piano passera. Le type a pris cet air ennuyé que j’adore et que prennent tous les huissiers qui s’apprêtent à payer mon loyer.