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L’arbre désigné est planté là, étrange et familier, généalogique. Dabek s’approche du tronc où les prénoms gravés sont suivis de noms qui lui sont familiers. Un grand silence s’est fait, anormal dans une forêt, qui vient donc sûrement de ses propres oreilles. Il tâte l’écorce blessée par les lames, spongieuse par endroit, malsaine, vibrante parfois, on sent que sous elle prospèrent des cancrelats aux gestes héréditaires. Ses paumes touchent la surface blessée, ses yeux remontent le long du tronc malade vers les branches basses, certaines mortes, où grâce à la lumière rasante du soir Dabek distingue d’autres marques et devine parfois un prénom désuet, reconnait un patronyme que sa mémoire avait jusqu’alors oublié. Il baisse les bras, réfléchit, retourne vers le coffre ouvert de sa Jeep Renegade, y remet la tronçonneuse des Eaux et Forêts, monte dans son véhicule et s’en va.

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Petit, il se le tatouait sur l’avant-bras à l’encre sympathique. Aujourd’hui il porte son nom (et aussi son adresse) dans une poche de son pantalon, sage précaution.

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Maupassant, fin de vie. Demande à voir une dernière fois son cotre. Le navire est amarré, Maupassant sur le quai, il regarde l’eau, là, ne voit pas Bel ami, à quelques mètres seulement, jouant avec ses ancres. Puis on le ramène en maison de soins où bientôt il mourra sans l’ami, sans l’eau de là.

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Sinon, on ne photographie que des photographies.

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Je descends du singe, sans réfléchir je claque la portière, le singe s’éloigne sans même demander le prix de la course avec un chuintement de DS 21 et me voici debout aux portes de la vie d’après, celle à laquelle je n’ai jamais cru et à laquelle je ne suis absolument pas préparé.

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On se croirait à Concarneau, en moins organisé. Est-ce qu’ils ont seulement une prise pour recharger un Iphone ? On meurt toujours trop tôt.

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Dabek s’immobilise, ne sachant plus où aller. Aussitôt cinq horizons qui n’attendaient que sa pause confluencent vers lui, se mêlent, le submergent, formant le réservoir immense dont il ignorait être le bassin et qui prendra dès lors tout son temps  : lac, être là, attendre, faire des vaguelettes qui n'effritent pas les rives.



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Jeune fille

Le bar vide

L’ennui en guettant les clients

L’attente est une chute en dedans

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-          Oui, Monsieur Dabek, excusez-moi, mais j’ai entendu des bruits bizarres en passant devant votre porte… Tout va bien ?
-          Oui tout va bien, je faisais l’amour avec ma fille
-          Avec… votre fille ?! Mais… Elle est morte.
-          Hélas !
-          Oui, bien sûr. Hélas ! Une si gentille petite… Un vrai rayon de soleil… Bon, eh bien, excusez-moi encore.
-          Pas de problème, il faudra que vous veniez prendre le café un de ces midi ?
-          Je n’y manquerai pas. Au revoir
-          Au revoir

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Passent d’éternelles fiancées balançant leurs hanches, exhibant leurs dents et leurs seins, qui sont toutes blanches, que je sens dans mes mains, qui sont prises d’une envie, que l’on dit interdite