602

 

Sur mon parcours de footing, jamais je ne croise un asiatique. Rouler m’inspire. Je n’ai jamais baisé. Je ne fume qu'à certains mariages. J’ai inventé le base-mushroom. Je ne suis pas endetté. A l’océan, je fais des châteaux de sable. Je sais décider. J’ai appris « un deux trois soleil » à un ours des Pyrénées. Je suis né cent ans après « L’origine des espèces ». Je ne supporte pas les crooners ni la musique country. Je me demande si le Nicaragua est indispensable. Pour savoir si je suis là, je me touche les fesses. Les visages me fascinent. Quand la pluie tambourine, je me sens bien.

*

Je remercie Edouard Levé.

601

 

Je sais réparer les motos russes. Je n’ai pas envie de connaître l’Inde. De partout je ramène des cailloux. J’aime être bordé serré. Je me lave les mains au moins cinq fruits et légumes par jour. Je laisse la vaisselle s’accumuler. Je suis pourvu d’un triple fond. Je ne comprends pas grand-chose à ce qui se passe. J’ai fabriqué ma signature en cours de géo. Personne ne s’adresse spontanément à moi. Je fais des compliments à sous-munitions. Je suis punk.

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Je remercie Edouard Levé.

600

 

Chaque soir, je choisis mon pyjama avec soin. La musique de relaxation me crispe. La houle m’apaise. J’ai figuré dans 261 fantasmes, dont un tout récemment. Je suis accro aux Guiness. Je ne comprends pas grand-chose à ce qui se passe. Je n’ai pas trouvé mieux que « brouhaha ». Je fais des rêves bien léchés. J’adore transmuter en rires les pleurs des bébés. Nu, je suis vraiment très nu.

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Je remercie Edouard Levé.

599

 

Je me oins rarement. Je peins les boîtes aux lettres en rouge. Les sources me consolent, les embouchures me désolent. Je fais pleinement confiance à mon inconscience. Je ne prends pas soin de ma peau. J’écrase les escargots. Je tombe amoureux avec un fort décalage spatio-temporel. J’ai encore raté les vœux du président. J’aime les paliers. Je suis contradictoire. Je m’attends à une fin de vie heureuse. Je cache des billets de 50 un peu partout. Je ne jouis pas le premier soir. J’ai paramétré Waze avec la voix de Sandrine Rousseau. Les feux passent au rouge à mon approche. Je me demande parfois si tout cela est bien fictif.

 *

 Je remercie Edouard Levé.

598

 

- C’est un garçon, dit la sage-femme

- Kilian !, dit la matrice qui venait de devenir sa mère

- Kilian ?!! Merde !! ...Évidemment ils ne peuvent pas savoir, pensa Dabek. Si j'avais su je serais pas re-né.

*

Il avait très froid et très faim,

 il y avait une paroi chaude, 

 Kilian la remonta jusqu’au sein.

597

 Dieu existe !

*
Mais pas la vie éternelle, ducon.


596

Devant le donut, regarde le beignet, non pas le trou.

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Ayant négligé ce précepte, Dabek évalue avec l’assistante sociale ses probabilités de survivre à sa pension de retraite, mais : clairvoyant tardif, il regarde ses miches.

 

595

 

J’ai dansé un slow avec ce type 

Ce type qui ressemble à un piano

A un piano grande queue

Et ce n’était pas CELA qui me gênait le plus

Car je sentais bien tant les choses que le contingentement des choses

Ce qui m’inhibait c’était la peur qu’il me marchât sur les pieds

Car ce type était vraiment

Vraiment

Pareil à un piano

Grande queue


*

Quand j’entends du Clayderman

Ça ne me donne l’envie de sniffer de l’eau

De Pologne

594

Le kaki est une représentation de Bouddha.

Six kakis dans un espace vide sont une représentation de Bouddha. 

C’est le zen.

Ne pas s’emparer des choses. Ne pas chercher le derrière des choses. Ce sont peut-être des kakis, peut-être Bouddha.

Le cochon c’est très intelligent, très proche de l’homme, mais très différent. Un cochon ne montrera jamais son derrière à un autre cochon.

Le coproduit de l’homme et du cochon, c’est le boudin. Six boudins dans un espace vide, ce n’est pas le zen. On voit le derrière. Le derrière, c’est l’homme. De tout ce sang qu’ils versent, que font-ils d’autre ?

*

Rien ne vaut guère dans l’homme , sauf les mauvais élèves. Ils ont une tête de cochon, avec rien autour. Ce ne sont pas des moutons. Quand ils croisent les moutons, ils ne voient pas le gigot. C'est très intelligent.

(ppedf)

593

Vivre, c’est s’attacher chaque jour à mourir.

*

Pour confirmer la nullité d’un aphorisme, il suffit d’en mélanger les termes.

- Mourir, c’est s’attacher chaque jour à vivre.

- S’attacher, c’est vivre chaque jour à mourir.

- S’attacher à mourir, c’est vivre chaque jour.

- Chaque jour, s’attacher à c’est mourir

- Chaque attache, c’est mourir au jour et vivre.

..etc.

(mais l’intention, nonobstant, était pure. Et la virgule toujours reste et tient tout)


592

 

Cet été, dans les Pyrénées, j’ai touché un chevreuil avec les yeux. Il m’a fait comprendre avec ses yeux que j’étais en train de toucher un chevreuil avec les yeux. Puis l’un de nous deux, avec une classe aristocratique et un bruit d’arbalète, s’est propulsé dans les sous-bois. Je l’ai toujours en moi, mais je ne sais pas quoi.

*

Tous, nous avons en nous le chevreuil avec les yeux. C’est magnifique, énigmatique.