253

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« L’autre est le soleil », petite médecine glissée sous la langue du poète

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Lire était donc quelque chose d’important, bien plus qu’écrire avec de l'encre

252

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Le vieux monsieur est implicite
Il lui prête un appartement
Elle garde ses bas et il la bite
Sans jamais enlever ses gants

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Pour votre santé, lavez vous les mains au moins cinq fruits et légumes par jour

251

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Petit à petit
Heure après heure
La journée se nourrit
De choses qui meurent

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Un mur : je perds mes pierres.

250

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Comment font-ils
Petite voile blanche
Les voiliers lointains
Pour être toujours
A l’horizon ?

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De temps à autre, on voit apparaître quelqu’un de normal

249

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Jour après jour il écrit
Pour se rapprocher
Elle s’éloigne de nuit
Elle s’éloigne de lui
Par l’oreiller
La vérité

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Il serre sa chérie la nuit pour qu’elle le serve le jour
C’est l’amour

248

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Dabek traverse la pampa en biais. Arrivé au pueblo il épouse une fillette au corps déjà de femme qui joue encore au pistolet à eau. Ensemble ils regardent à la télé des séries américaines doublées en un espagnol très pur. Finalement il offre à la fillette un fusil et repart en biais. Un chien qui ne lui appartient pas le suit sur sa droite. Un coup de feu, le chien s’écroule, Dabek fait demi tour en biais.

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Tous les jours se ressemblent et diffèrent cependant par d’infimes variations de leurs dimensions ; ne survivent finalement dans notre mémoire que ceux qui avaient un diamètre ou une largeur un peu plus grands que celui des trous de son crible.

247

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Dans et par le rocher se figent l’espace et le temps
S’y installe le stylite
S’y fixe
Folâtre immobile
Echancre l’échancrure
Autour voit la beauté virale
Respire et agrandit
Grandit dehors, grandit dedans, grandit aux marges

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Quand je suis revenu c’était le mont Mézenc. Il portait aux versants la lave et la rosée. L’air était bon.


246

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Loin loin loin du travail ils se retrouvent en cohortes serrées et largement dénudées allongés sur un sol stérile (sable, galets) devant l’agitation vaine d’une autre monade (mer, océan) sur laquelle rien ne poussera jamais que quelques furtifs ailerons dont la pensée qu’il puisse y en avoir quelques uns ici (requins, dauphins mais pas certain) cependant les arrête.

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Sans parler des méduses. On rentre ?

245

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La vie la mort sont un peu rudes - l’homme les durcit
La pierre est là
Chaque jour se lève le jour - le barbare le couche
La pierre est là
Les ennemis se mordillent les doigts s’aiment et s’entretuent
Le temps est long le ciel est vide les feuilles tombent
La pierre est là et ne voit pas
Le monde est fort la foule est triste
La pierre est là
Elle est debout elle ne voit pas
Carnac la nuit la pierre est là
Carnac la nuit les yeux fermés garçons et filles
On y danse on y danse
Carnac la nuit la mer est là aussi qui gronde non loin
Les gouttes grosses y font des bouquets de plomb
La pierre est là

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Je m’intéresse au fleuve, à la barbarie, à la physique atomique du temps, à la nuit. J’aime je le redis ces cathédrales aux ogives très hautes d’où fientent les oiseaux.


244

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RrRRRRRRRRRRRRRRRRRrrrRRRRRRRRRRRRRRRRRrRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR
RRRRRRrrrrrrrrrrrrrrRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRrRRRRRRRRRRRRRR
RRrrrrrrrRRRRRRRRrrRRRRRRRRRRRRRrRRRRRRRRRRRRRRRrRRRRR
RRRRrrrrRRRRRRrrRRRrrRRRRrRRRRRRrRRRRRrRRRRRRRRR
RRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRrrrrrrRRRRRRR
RRRRRRRRRRRRRRRRRrrrrRRRRRRRRRRRRRR

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Extrait de « AZERTyUIOP », chapitre 4 (à paraître)

243

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Antoine sur le port près de son vieux rafiot rafistolé au milieu des yachts immaculés
Antoine se signe à chaque pas
Antoine voit en aura la couleur des êtres
Antoine voit la sienne autour de ses doigts qu’il écarte au bout de ses bras
Antoine a vu en moi un ange
Aux êtres comme moi dit-il Il suffit
De légèrement plisser les yeux
Pour voir ce que d’autres ne voient pas
Je vois la lumière qui s’échappe de ses mains de ses doigts
Et je ne sais pas ce que c’est que cette couleur là
La couleur d’Antoine

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J’ouvre il n’est plus là