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L’univers où Dabek s’active avec d’autres hamsters est à part les cages totalement fait d’angles. Lui qui rêve de s’arrondir autour d’un poêle n’arrive pas en ce lieu aigu à trouver une place imaginaire où installer le Godin. Mais cela n’a rien d’essentiel : il s’active, il sue, et il a chaud, et c’est ainsi que la roue tourne.

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Cette usine actionnée par les roues des hamsters ne fabrique rien d’autre au fond que ces même hamsters qui actionnent les roues, et le mystère est que ce rendement net nul est celui d’un système consommant énormément d’énergie avec une efficacité prodigieuse.

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Les gens autour de moi
Bien disposés dans le temps présent
Me regardent bizarrement.
Ce qu’ils regardent n’est pas là
C’est une forme qui n’habite nulle part
Un ailleurs, une fort d’art
Une échappée de la maison du moi
Qui rebondit et qui titube
Qui se balade puis s’évapore

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Une fois chassés les morts manquent encore

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Me revoilà scotché au restaurant le Thabor, je pense au mont éponyme du même nom ou je connus ma dernière expérience en refuge : après avoir médité Gandhi toute la nuit, pour avoir droit à un peu d’air je dus boxer un sexagénaire au nez spongieux.

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Puisqu’il existe en Mont et en Restaurant je propose, je stipule aussi le Nez, et l’on saura désormais du Nez Thabor qu’il est mou et depuis quelques temps épaté.

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Sauf s’ils ont oublié de prévenir l’auteur, mon manuscrit n’a pas été lauréat du Prix Jean Follain 2008. S’il l’avait été, j’aurais été sincèrement déçu pour les huit autres auteurs de la sélection finale.
Et là je ne le suis pas pour les sept.
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Avais-je au moins laissé mon adresse ? Un téléphone ? Un portable ? Un mèl ? Mes coordonnées GPS ? Le code d’accès à mon agenda partagé Outlook ? Un mégaphone à portée interdépartementale ? Est-il possible que mon talent soit une nouvelle fois victime de mon inconséquence ?
Et,
l’organisateur ? A-t-il vraiment fait tout ce qu’il fallait pour tenter de me joindre, avant de se résigner à passer au second ? Est-ce là un comportement digne de la vie et l’œuvre de Jean Follain, poète majeur de la Manche ?
Et,
pourrait-on écrire un roman uniquement constitué de questions ?
Perec ne l’a-t-il pas fait ?

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Parfois devant parfois dans l’orage parfois le suivant, il parcourt jusqu’à 1200 km en une journée pour prendre finalement une photo, une seule, à l’instant exact où le ciel se déchire mais ne saigne pas ce blanc fulgurant de l’éclair, à l’instant magique où au tirage on ne verra rien que du gris, du gris et la magie de ce moment là que l’homme épuisé est allé cherché si loin en le monde et si loin en lui même.

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Mais…Un bon tailleur choisit le poids du tissu selon celui de la fesse !
explique trop tardivement Dabek à sa cliente courroucée.

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Sous le titre « un homme dans le match – Matuidi a dompté son maître », on trouve de la plume d’un certain F.S. un « Son bagage technique et sa gestion fine de ses déplacements coulaient comme du miel entre ses doigts » qui nous semble infiniment supérieur au « On était bien loin du jeu léché d’antan dans les rangs asémistes » ou même au prodigieux « Dans une deuxième mi temps toujours aussi décousue, mais à sens unique, » de son collègue de page Jean-Michel Benedetti.
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Et l’on découvre ainsi que, depuis des années, oublieux des pages Sports du Dauphiné Libéré, on passait à côté des successeurs de Glen Baxter (« Helmut se réveilla toutes les douze minutes pour vérifier la taille du rocher ») et de Max-André Rayjean (« Il passa sa main dans ses cheveux légèrement argentés, du moins lorsqu’il n’était pas surpris en plein sommeil ») que l’on cherchait vainement dans les opuscules étiques des poètes de la modernité confidentielle.

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La lutte est perdue d’avance je le sais, mais du fait de l’alternance de conducteur la bataille fait rage dans la voiture qui nous ramène à nos pénates, bataille entre d’une part France Culture (désormais officiellement téléramisée) où coule en jours pairs le sperme tiède de la branlette intellectuelle (« le collège, un laboratoire d’analphabétisme ? »), et d’autre part la cyprine visqueuse du Moscato show de RMC (« Avant de débattre avec Vincent Moscato au 32-16, affutés vos arguments sur son blog »).

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Et , par suite des renoncements successifs de France Culture à toute exigence envers son auditoire, c’est cet « affutés » (copié-collé depuis le fameux blog) que gomme la radio mais qu’on entend pourtant à chaque mot qui, déjà et finalement, aura le dessus.

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Voilà que je commence à avoir l’œil attiré par les blondes. Il faudra que je consulte.

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Rien à voir avec la presbytie, me dit mon occultiste. Mais c’est quand même la cinquantaine qui approche. Et c’est 35 euros.

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Jacques Réda est vivant. Cette découverte fut pour moi merveilleuse, tant est libre de toute entrave l’écriture de ce vieux type et les poètes en Jacques aujourd’hui massivement décédés.

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Quand j’ai vu de mes yeux vu Jacques Prévert danser le madison je me suis dit qu’il fallait rentrer, qu’il fallait que quelqu’un me ramène, et ce matin tard au réveil j’avais vomi au pied de mon lit j’ai su que ce n’était sans doute pas Jacques Prévert parce qu’hier il ne fumait pas et aussi parce qu’il est mort, et j’ai beaucoup regretté cette mort parce qu’il dansait merveilleusement le madison exactement comme Jacques Prévert l’aurait dansé.

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Dans « American Beauty », le type (vous et moi) croit qu’il est vivant alors qu’il est mort, et découvre ce que c’est qu’être vivant au moment de mourir ; le tout dure 122 minutes.

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Il faut bien se simplifier la cinéphilie, Dabek ne va jamais voir les films au titre non traduit, sauf « Stranger than paradise » qu’il a déjà vu 9 fois – j’avais tapé 9 mois – se demandant (j’avais tapé debandant) toujours comment une valise peut mettre en branle un avion ; la suite dure 86 minutes.

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Peur de Bambi

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A cette vitesse le vélo ne fait aucun bruit, à ces hauteurs le Vercors est totalement désert d’homme, je pense aux secours qui ne viendront pas, au portable laissé au bureau, à un vélo écartelé couché sur la chaussée. Je pense au crépuscule où les bêtes sortent, je pense à Bambi qui aura traversé sous mes roues la route déserte au crépuscule, et mes trajectoires se crispent. A ce moment je le vois, il tord le cou vers moi devant son arrière-train comme un faon qui vient de traverser la route, il a ces grands yeux là curieux et apeurés, puis Bambi très vite et sans un bruit d'arbalète s’enfonce dans la futaie. Je suis déja au virage d'après je ne pense plus aux sangliers ni aux cerfs, plus aux lapins ni renards traversiers, je ne pense pas que d’autres biches peuvent surgir au crépuscule, mes trajectoires se dénouent, je descend comme un skieur oublieux de ses skis, oublieux de la neige, amoureux de sa vitesse, et je sais grâce à Bambi que rien ne peut plus m’arriver.