606

 

J’aime faire la queue à la poste. Je ne fais pas de gestes brusques. J’ai la fontanelle ouverte. Je ne sais pas sur quel pied danser. J’ai tous mes points. Quand j’entends le mot « bienveillance », j’aiguise mon Opinel. Si ça c’était fait à bulletins secret, j’appartiendrais au peuple élu. Je ne comprends pas cet amour envers les chiens. J’ai figuré dans 261 fantasmes, dont un tout récemment. Je cherche le verbe correspondant au mot : crémation. Je cache des billets de 50 un peu partout. Je suis dur au mal. Je suis un bébé Ogino. Je suis rétif aux profs et aux notes. J’en ai assez du savoir-être. J’écoute le poisson plutôt que la rivière. Plus la roue tourne, plus cela m’éloigne du moyeu.

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Je remercie Edouard Levé.

605

 

Je ne suis pas abonné. Je m’habille de façon inadmissible. Internet tend à confirmer mes dires. Je fais des prodiges pour ne pas percer de trous. Je travaille à un mode d’emploi universel. Je lis aux toilettes. Je dors de moins en moins recroquevillé. Je me balance sur ma chaise, et aussi d’un pied sur l’autre. Je ne sais pas siffler. Je suis un bon client pour les appeaux pornographiques. J’ai légué certains de mes problèmes à mes enfants. Je ne peux pas vivre au sud de Montélimar. Je ne prends pas soin des livres. Je serais heureux dans une maison japonaise aux murs de papier. J’ai beaucoup de compassion pour moi. Je me réfugie dans ma salle de bains.

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Je remercie Edouard Levé.

604

Mes verres de lunettes ne sont jamais nets. Je fais des phrases sans queue. Je me souviens d’une scène banale, à Brest, dont le petit enfant que j’étais avait décidé de se souvenir toute sa vie. Les bébés me calculent très vite. J’ai perdu mes désillusions. Quand il bruine, j’offre mon visage. Je n’ai pas de trousse de toilette. Je ne répare pas les pots cassés. Je donne rapidement raison à mes contradicteurs. Je regarde les oreilles. Je me demande ce qui remplace la petite souris dans les pays où elle n’existe pas.

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Je remercie Edouard Levé.

603

Je sens naturellement bon. Je porte plaintes. J’ai un crush sur la quatrième poupée russe. Je m’en veux quand j’ai menti. En cas de besoin, je pense à une harde de sangliers qui traversent un chemin en sous-bois. Plus personne ne porte le nom de jeune fille de ma mère. Je sais ce que j’ai légué de pire à mes enfants. J’écoute FIP. Je fais des compliments à sous-munitions. En deux heures seul face à un aquarium j’ai compris la géopolitique. En chantant, je fais danser les vaches. J’arrive à l’heure. J’ai fait quelques belles ouvertures de l’extérieur du pied. Mon corps se délabre.

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Je remercie Edouard Levé.