518


La vérité sort de la couche des enfants

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Les parents ? Eh bien, après 25 ans de divorce, ils décident de se marier.

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La séance va son train, tranquille. Seule la mère parle, triste, lasse, thermale. Le père grande carcasse stagnante, les enfants sont calmes. Tout à l’heure  la mère sans s’arrêter de parler s’est levée et à giflé ses deux enfants, posément, violemment, puis  elle est retournée s’asseoir et a continué, toujours sur le même rythme las, comme si rien ne s’était passé. Un temps Dabek se demande s’il n’a pas rêvé. Mais il y a les marques blanches des doigts de la mère sur les joues des enfants. Il ne sait pas, il sent qu’il  ne doit rien faire, rien faire que se taire.

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Taire, mère, je comprends enfin que nous sommes sur une île. Je propose à la mère de descendre de sa chaise, qu’on joue tous les deux au Légo sur le sol. Elle est d’accord. On joue au Légo, les enfants restent assis sur leurs chaises. La mère a l’air bien. Son corps se tient bien, est plus tonique. On est sur une île, on construit quelque chose avec nos légos. On ne s’est pas parlé, mais elle sent que j’ai compris, que je vais peu à peu comprendre, la violence que lui font chaque jour ses enfants. A la fin de la séance on cassera notre ouvrage en gros blocs, on les émiettera, on rangera les légos dans le bac. Je dirai à la mère de prendre une série d’autres rendez-vous avec ma secrétaire.

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Ce n’est pas l’eau du puits qui noie

C’est la certitude qu’on ne me trouvera pas 
Que je ne saurai pas m’arranger
Avec l’opposition des parois 



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: qu’on ne me cherchera pas

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La grenouille coasse, le crapaud flûte, le corbeau croasse, le lama blatère, l’oie cacarde, le renard glapit, le lapin clapit, le loup hurle, le chien aboie, et que fait la police ?

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Ma cellule. Moins de 3 m². Un bat-flanc de bois. Une bassine d’étain. Un pot pour les besoins. Une fenêtre étroite, des grilles. La mer au loin, la nuit les fanaux. Des fois des chiens aboient au loin. Je n’ai jamais eu de chien. Chaque fois, je fais comme si c’était le mien.  Personne ne peut imaginer ce que sont les soirs dans les prisons.

PpAC

514

Il écrit parce qu’il n’a plus besoin de public, plus besoin de comédiens, plus besoin d’autres succès que de celui d’écrire. Il écrit sans descriptions, en porte à faux. Aucune ambition de petit télégraphiste, transmettre quoi que ce soit. Juste : trois notes d’une chansonnette.

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Même le plus beau chant d’oiseau est profondément carnassier. 

PP SR

513


La chance a toujours accompagné Dabek, dans les grands moments, dans les petits, dans des périodes entières où il n’avait pas absolument pas besoin d’elle, où, presque (surnuméraire), elle le gênait. Jusqu’à ce qu’il comprenne que c’est elle qui avait besoin de lui.

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Alors, cosi fan tutte, elle l’a quitté.

512

Perdu sur la banquise, petit oiseau dans son nid sous les filaments de stratus. Attend. Fixe le ciel avec des yeux dilatés et ses moignons d’ailes. Craquements, ce n’est pas la banquise, petit frère oisillon qui soulève sa coquille.

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« Manquent les roulettes », sagace, dit Einstein à qui on présentait sa petite sœur.

511

Quelques minutes se sont écoulées depuis l’erreur de Christophe Colomb. Jacques Cartier. Bénéfice de sa découverte. Austère beauté du rivage. Ressac régulier. 1520. Un Huron contemple sans le savoir la dernière terre de son monde, qui se replie déjà comme un accordéon. Le rideau se lève directement sur l’acte II, les deux caravelles malouines un peu au large, le buste légèrement incliné vers l’avant. Poids des canons. Cadavres futurs des enfants.

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Léger mouvement de tangage et de roulis. « On sait tout sur tout », ce n’est pas vrai du tout.

510

Accouplement
Le couple ment

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Dans l’amour tu
Fais le va-et-vient
Et toujours tu
T’oublies en chemin

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Le Beau que l’on enseigne à l’école du Beau n’est pas le Beau

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Bien Mallarmé celui qui ne l’a pas lu.